Le marché d'Aligre, garde-manger de l'Est parisien

Photo : Jeanne Menjoulet — CC BY 2.0
Il y a des marchés qu'on visite et des marchés où l'on fait vraiment ses courses. Aligre, entre la rue du Faubourg-Saint-Antoine et l'avenue Daumesnil, appartient sans hésiter à la seconde catégorie. Ici, on vient remplir son cabas pour la semaine — et on repart souvent avec, en prime, une leçon de saison.
Un marché, trois ambiances
Aligre, ce sont en réalité trois marchés en un. Le marché de plein air de la rue d'Aligre, le plus animé, où les étals de fruits et légumes se disputent le trottoir à grands renforts d'annonces criées. Le marché couvert Beauvau, sous sa belle halle du XIXᵉ siècle, avec fromagers, bouchers, poissonniers et primeurs plus posés. Et la place d'Aligre elle-même, où la brocante côtoie les cageots. L'ensemble fonctionne du mardi au dimanche, en matinée — le dimanche étant le grand rendez-vous du quartier.
Pourquoi il rend service au quotidien
- Les prix. Aligre reste l'un des marchés les plus abordables de Paris, surtout en fin de matinée quand les vendeurs écoulent leurs cageots. Manger des fruits et légumes frais tous les jours y redevient un budget raisonnable.
- La saison imposée. Pas de tomates en janvier qui vaillent : l'étal dicte le menu. C'est la façon la plus simple de manger de saison sans y penser.
- Les herbes fraîches. Coriandre, menthe, persil, aneth à petit prix — de quoi relever les plats sans sel ni sauces toutes prêtes.
- Le pas de côté. Faire son marché à pied, discuter, comparer : une course qui devient une sortie, et une demi-heure de marche gagnée sans s'en apercevoir.
Le réflexe à prendre
Le piège du marché, c'est d'acheter trop et de jeter. La parade tient en une habitude : composer d'abord deux ou trois repas dans sa tête, acheter pour ceux-là, et seulement ensuite se laisser tenter par une découverte. Le cabas devient un menu, pas une loterie.
Quartier gourmand oblige, la rue d'Aligre et ses alentours concentrent aussi boulangeries au levain, torréfacteurs et épiceries de quartier — de quoi transformer une simple course en tour du monde des provisions, à dix minutes de Bastille.
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