Le marché Bastille, la longue allée du jeudi

Il y a des marchés qu'on traverse en cinq minutes. Celui-ci, non. Installé sur le terre-plein central du boulevard Richard-Lenoir, entre la place de la Bastille et la rue Saint-Sabin, le marché Bastille déroule ses rangées d'étals sur plusieurs centaines de mètres — de quoi marcher un bon moment avant d'avoir tout vu, et de quoi comparer sérieusement avant d'acheter.
Deux matinées, deux ambiances
Le marché se tient le jeudi et le dimanche matin. Ce ne sont pas les mêmes marchés. Le jeudi appartient aux habitués du quartier : allées dégagées, discussions qui s'étirent, temps de choisir. Le dimanche, c'est une autre affaire — la foule arrive de tout l'est parisien, la queue s'allonge devant les bons stands, et il faut jouer des coudes. En contrepartie, l'offre y est à son maximum et l'ambiance vaut le déplacement.
Ce qu'on y trouve
La force d'un grand marché, c'est la profondeur de choix. Les primeurs occupent le gros du linéaire, avec des écarts de prix considérables d'un bout à l'autre : il n'est pas rare de trouver le même légume à moitié prix cinquante mètres plus loin. S'y ajoutent poissonniers, fromagers, volaillers, quelques producteurs, des olives et des épices, du pain, et l'inévitable rôtisserie autour de laquelle se forme la file la plus disciplinée de Paris.
- Faire un premier passage sans rien acheter. Repérer, comparer, puis revenir. C'est la seule méthode qui fonctionne sur un marché de cette longueur.
- Regarder les cagettes, pas les pyramides. Les étals les plus soigneusement empilés ne sont pas toujours les plus frais.
- Venir tôt pour le choix, tard pour le prix. Dans la dernière demi-heure, les vendeurs cassent les prix pour ne pas remballer.
- Prendre un cabas rigide. Sur cette longueur, un sac plastique ne survit pas.
Un boulevard qui cache une rivière
Si le terre-plein est si large, ce n'est pas un hasard : le boulevard Richard-Lenoir a été construit au-dessus du canal Saint-Martin, couvert sous le Second Empire. L'eau coule toujours, quelques mètres sous les cageots de tomates. On peut la retrouver à ciel ouvert un peu plus au nord, vers la rue du Faubourg-du-Temple — et faire, un dimanche matin, un très joli enchaînement entre le marché et les quais du canal.
Le prolonger à pied
Du marché, il faut dix minutes pour rejoindre la Coulée verte par l'avenue Daumesnil, ou un quart d'heure pour descendre vers le marché d'Aligre, à l'ambiance beaucoup plus populaire. Enchaîner les deux marchés le dimanche matin est un classique de l'est parisien : on y compare les prix, les provenances, et l'on repart avec le sentiment très satisfaisant d'avoir fait ses courses comme il faut.
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