Les Buttes-Chaumont, le parc qui ne ressemble à aucun autre

Photo : FreCha — CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
La première fois qu'on entre aux Buttes-Chaumont, quelque chose détonne. Les pelouses montent, le sol se dérobe, une falaise apparaît, un lac s'ouvre en contrebas et un temple minuscule surveille tout ça depuis un piton rocheux. On ne se croirait pas à Paris — et c'est exactement l'effet recherché par ses concepteurs.
Un décor construit sur un trou
Le site fut longtemps un lieu peu recommandable : carrières de gypse à ciel ouvert, dépôt d'immondices, gibet de Montfaucon à proximité. Quand la Ville décide d'en faire un parc dans les années 1860, il faut donc composer avec un terrain défoncé, criblé de galeries.
Les ingénieurs choisissent de ne pas aplanir mais d'exagérer. Ils creusent le lac, dressent la falaise, empilent des roches, coulent du béton imitant le rocher, et posent au sommet une réplique d'un temple antique de Tivoli. Le pittoresque est entièrement fabriqué. C'est du décor, assumé comme tel, et cent soixante ans plus tard il fonctionne toujours.
Ce qu'il faut savoir avant d'y monter
- Ça grimpe vraiment. Le dénivelé est réel, les escaliers nombreux. C'est le parc parisien où l'on transpire le plus, et le meilleur pour se faire une vraie marche sans quitter la ville.
- Le pont suspendu est le raccourci. Il mène au temple sans passer par le tour du lac ; le pont de briques, plus bas, offre la meilleure vue sur la falaise.
- Les pelouses en pente sont autorisées, contrairement à beaucoup de squares parisiens. C'est ce qui explique l'affluence dès les premiers beaux jours.
- Deux entrées, deux mondes. Côté Botzaris, on entre par le haut, tranquillement. Côté Buttes-Chaumont, on entre par le bas et tout le parc se dresse devant soi.
Le meilleur moment
Tôt le matin en semaine, le parc appartient aux coureurs et aux gens qui promènent leur chien, et l'on peut faire le tour du lac sans croiser vingt personnes. Le dimanche après-midi, c'est l'inverse : les pelouses sont pleines, la guinguette tourne, et c'est un spectacle en soi si l'on vient pour ça.
L'automne y est particulièrement réussi. Les grands arbres — hêtres pourpres, cèdres, platanes — prennent des couleurs et le relief donne des perspectives qu'un parc plat ne peut pas offrir. Par temps de brume, la vue depuis le temple sur les toits du nord-est parisien vaut la montée à elle seule.
Autour, un quartier qui se marche
Le parc est encerclé par des rues qui montent, ce qui décourage les flâneurs pressés mais récompense les autres. Du côté de la Mouzaïa, quelques rues pavées bordées de petites maisons basses avec jardinets font oublier qu'on est dans le dix-neuvième arrondissement. C'est un héritage direct des carrières : le sous-sol évidé interdisait de construire lourd, on a donc bâti léger.
Adresses utiles
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