Le carnet du bien-vivre

Paris au Naturel

Marchés, balades et bonnes habitudes, arrondissement par arrondissement
Balades qui font du bien

Les Buttes-Chaumont, le parc qui ne ressemble à aucun autre

Carnet mis à jour en 2026 — lecture 6 min
Temple de la Sibylle au sommet de son rocher, parc des Buttes-Chaumont

Photo : FreCha — CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

La première fois qu'on entre aux Buttes-Chaumont, quelque chose détonne. Les pelouses montent, le sol se dérobe, une falaise apparaît, un lac s'ouvre en contrebas et un temple minuscule surveille tout ça depuis un piton rocheux. On ne se croirait pas à Paris — et c'est exactement l'effet recherché par ses concepteurs.

Un décor construit sur un trou

Le site fut longtemps un lieu peu recommandable : carrières de gypse à ciel ouvert, dépôt d'immondices, gibet de Montfaucon à proximité. Quand la Ville décide d'en faire un parc dans les années 1860, il faut donc composer avec un terrain défoncé, criblé de galeries.

Les ingénieurs choisissent de ne pas aplanir mais d'exagérer. Ils creusent le lac, dressent la falaise, empilent des roches, coulent du béton imitant le rocher, et posent au sommet une réplique d'un temple antique de Tivoli. Le pittoresque est entièrement fabriqué. C'est du décor, assumé comme tel, et cent soixante ans plus tard il fonctionne toujours.

Ce qu'il faut savoir avant d'y monter

Accès : métro Buttes-Chaumont ou Botzaris (ligne 7 bis), Laumière ou Jaurès (ligne 5). Le parc ferme la nuit, avec des horaires qui varient selon la saison — plus tard en été.
entrée Botzarispar le hautle lacle templepont suspendule raccourcientrée bassemétro Buttes-Chaumont
CroquisLe parc vu en coupe. On entre par le haut côté Botzaris, par le bas côté métro Buttes-Chaumont. Dénivelé exagéré pour la lisibilité.

Le meilleur moment

Tôt le matin en semaine, le parc appartient aux coureurs et aux gens qui promènent leur chien, et l'on peut faire le tour du lac sans croiser vingt personnes. Le dimanche après-midi, c'est l'inverse : les pelouses sont pleines, la guinguette tourne, et c'est un spectacle en soi si l'on vient pour ça.

L'automne y est particulièrement réussi. Les grands arbres — hêtres pourpres, cèdres, platanes — prennent des couleurs et le relief donne des perspectives qu'un parc plat ne peut pas offrir. Par temps de brume, la vue depuis le temple sur les toits du nord-est parisien vaut la montée à elle seule.

Autour, un quartier qui se marche

Le parc est encerclé par des rues qui montent, ce qui décourage les flâneurs pressés mais récompense les autres. Du côté de la Mouzaïa, quelques rues pavées bordées de petites maisons basses avec jardinets font oublier qu'on est dans le dix-neuvième arrondissement. C'est un héritage direct des carrières : le sous-sol évidé interdisait de construire lourd, on a donc bâti léger.

Adresses utiles

Les informations pratiques se vérifient à la source :

Retour à la une