Le Jardin des Plantes, quatre siècles de curiosité

Photo : Moonik — CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons
Il y a des jardins où l'on va pour ne penser à rien. Le Jardin des Plantes n'en fait pas partie, et c'est tout son intérêt : chaque parterre y porte des étiquettes, chaque allée organise un savoir, et l'on en ressort en sachant des choses qu'on ignorait en entrant.
Un jardin de médecine
À sa création au XVIIe siècle, ce n'est pas un lieu de promenade : c'est le Jardin royal des plantes médicinales, destiné à cultiver et étudier les végétaux utiles à la médecine, et à former les apothicaires. On y enseignait la botanique en plein air, sur pied, devant la plante.
Cette vocation d'enseignement ne l'a jamais quitté. Devenu Muséum national d'histoire naturelle à la Révolution, il a continué d'accumuler collections, serres, galeries et ménagerie. C'est aujourd'hui l'un des rares endroits de Paris où un jardin, un musée et un laboratoire cohabitent sur le même terrain depuis quatre siècles.
Les endroits à ne pas manquer
- L'école de botanique. Des milliers d'espèces plantées par familles botaniques, étiquetées. C'est la partie la moins spectaculaire et la plus instructive du jardin.
- La grande perspective. L'allée centrale, ses platanes taillés et ses parterres qui changent selon la saison — la carte postale du lieu.
- Le jardin alpin. Creusé en contrebas pour créer des microclimats, il rassemble des plantes de montagne dans un vallon abrité. Facile à manquer, on passe à côté sans le voir.
- Les grandes serres. Forêt tropicale, désert, Nouvelle-Calédonie. Payantes, mais imbattables un après-midi de janvier.
- Le cèdre du Liban, planté au milieu du XVIIIe siècle, toujours debout sur le labyrinthe.
Le labyrinthe et sa gloriette
Sur la butte artificielle qui domine le jardin, un chemin tourne jusqu'à une petite rotonde métallique. La gloriette de Buffon compte parmi les plus anciennes structures en fer de Paris, bien antérieure aux grandes constructions métalliques du XIXe siècle. La montée est courte, la vue dégagée, et il y a presque toujours un banc de libre — ce qui n'est pas rien un dimanche.
Comment en profiter selon la saison
Au printemps, les parterres de l'allée centrale sont refaits et le jardin alpin se réveille. En été, l'ombre des grands arbres du côté de la ménagerie est plus fraîche que n'importe quelle terrasse du quartier. L'automne appartient à la roseraie tardive et aux couleurs de l'école de botanique. L'hiver, il reste les serres, et un jardin vide sous le givre qui a son charme propre.
Prolonger la promenade
Le jardin ouvre d'un côté sur la Seine et de l'autre sur la rue Geoffroy-Saint-Hilaire. En sortant côté Censier, on tombe rapidement sur la rue Mouffetard et son marché ; côté quais, on rejoint l'Institut du monde arabe et les berges. C'est l'un des rares grands jardins parisiens qui se prolonge naturellement, sans qu'on ait à prendre le métro pour enchaîner.
Adresses utiles
Les informations pratiques se vérifient à la source :
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