Les fontaines Wallace, de l'eau gratuite depuis 1872

Photo : Jeanne Menjoulet — CC BY 2.0, Wikimedia Commons
On les croise sans les voir. Une colonne de fonte vert sombre, quatre femmes portant un petit dôme, un filet d'eau au centre. Il y en a une bonne centaine dans Paris, et la plupart des passants ignorent qu'elles fonctionnent — l'eau y coule, potable, gratuite, du printemps à l'automne.
Après le siège
Leur installation date du début des années 1870, au sortir du siège de Paris et de la Commune. La ville est abîmée, une partie des aqueducs a souffert, et l'eau potable est devenue chère. Assez chère pour que beaucoup de Parisiens modestes se rabattent sur le vin, moins coûteux que l'eau propre.
Un philanthrope britannique installé à Paris, Richard Wallace, finance alors un réseau de fontaines publiques. L'idée est explicite : rendre l'eau potable accessible partout et gratuitement. Le modèle est dessiné pour être reconnaissable de loin, assez haut pour être vu, assez beau pour être accepté dans le paysage.
Les quatre femmes
Les cariatides qui soutiennent le dôme représentent la bonté, la simplicité, la charité et la sobriété. On les distingue par de petits détails — la position du genou, la façon dont la tunique tombe. Le vert des fontaines n'est pas un choix esthétique isolé : c'est la couleur du mobilier urbain parisien de l'époque, celle des bancs, des grilles d'arbres et des kiosques.
Boire à Paris aujourd'hui
Le réseau s'est étoffé au-delà des seules Wallace. La Ville entretient plusieurs centaines de points d'eau potable : fontaines à boire classiques dans les parcs, bornes plus modernes, et quelques fontaines pétillantes qui distribuent de l'eau gazeuse réfrigérée. Une carte officielle les recense, et la plupart des applications de navigation les affichent désormais.
- Dans les parcs, il y a presque toujours un point d'eau ; c'est le réflexe le plus fiable en été.
- Les fontaines pétillantes sont rares et souvent prises d'assaut ; elles se trouvent surtout dans les grands jardins.
- Une gourde change tout. Le réseau est assez dense pour qu'on n'ait pratiquement jamais besoin d'acheter une bouteille dans Paris.
Un modèle qui a voyagé
Le dessin a été copié bien au-delà de Paris : on retrouve des fontaines Wallace ou leurs répliques à Lisbonne, à Genève, à New York, au Japon. Certaines villes en ont reçu en cadeau diplomatique. Les originales parisiennes, elles, continuent d'être entretenues et restaurées régulièrement — et il en apparaît encore de nouvelles, y compris dans des versions colorées qui font débat chez les puristes.
Adresses utiles
Les informations pratiques se vérifient à la source :
Retour à la une